Ungaretti et Jaccottet entre les langues: histoire d’un effacement qui n’en est pas un

  • Marta Carraro
Palavras-chave: poésie, traduction, subjectivité, Ungaretti (Giuseppe), Jaccottet (Philippe)

Resumo

Cet article se penche d’abord sur la question de la langue chez deux poètes contemporains: l’italien Giuseppe Ungaretti (1888-1970) et son traducteur principal en français, Philippe Jaccottet (1925). Le premier est considéré comme une sorte d’«apatride linguistique» (Violante-Picon 1998: 33), alors que le deuxième a traduit de l’italien sans connaître cette langue – qu’il a apprise justement en traduisant Ungaretti. À travers l’analyse d’une longue correspondance (1946-1970) entre le poète italien et Jaccottet, il sera possible de mettre en exergue les trois raisons qui, selon nous, contribuent à la réussite des traductions françaises de Jaccottet: le manque de connaissance de la langue source qui, dans ce cas, permet de se libérer des mots en faveur des sons; la force des liens d’amitié avec Ungaretti; le génie créateur de Jaccottet lui-même. Ce dernier point témoigne de l’importance de l’empreinte subjective dans l’acte traductif: le nouveau texte en langue cible porte inévitablement la signature personnelle de son traducteur, qui l’influence par son vécu, ses expériences, sa culture, ses humeurs, etc. Ainsi, celui qui traduit accomplit un acte cognitif qui est subjectif par définition, ce qui rend impossible l’idée d’effacement du traducteur, qui constitue l’un des lieux communs de la pensée de la traduction. De ce fait, ce terme nous semblerait en fait à bannir afin de préserver le rôle du traducteur et lui donner sa juste place au sein de la société.
Como Citar
Carraro, M. (2017). Ungaretti et Jaccottet entre les langues: histoire d’un effacement qui n’en est pas un. ELyra: Revista Da Rede Internacional Lyracompoetics, (9). Obtido de http://www.elyra.org/index.php/elyra/article/view/180
Secção
Ensaio