L'ekphrasis face au cubisme

  • Marie-Cécile Febvre Flory
Palavras-chave: littérature, peinture, ekphrasis, critique d’art, poésie, correspondance des arts, Reverdy, Apollinaire, Cendrars, Salmon, cubisme.

Resumo

L’ekphrasis s’inscrit dans les rapports fructueux qu’entretiennent la littérature et la peinture. Pourtant, avec l’effritement de la représentation qu’initie le cubisme, ces deux arts perdent ce qui faisait leur point commun. L’ekphrasis devient alors difficile : comment décrire une peinture « muette », une peinture dont l’essentiel n’est pas dans ce qui est représenté ? Le cubisme, dans sa volonté de repenser le rapport à la représentation du réel en refusant de se ranger à une conception académique de la peinture (perspective, organisation spatiale, utilisation des couleurs, sujets typiques, etc.), a passionné les poètes : André Salmon, Jean Cocteau, Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire et Pierre Reverdy ont écrit sur ce mouvement pictural. Dans leur critique d’art, on peut constater à quel point la peinture cubiste les a poussés à repenser leur rapport à la peinture et à la critique, afin de parvenir à exprimer ce qui fait la particularité de cet art. Les écrivains s’attachent ainsi à décrire les tableaux comme des objets matériels et pas seulement comme des images, et à retranscrire aussi leurs émotions. Mais c’est surtout la poésie qui leur donne la possibilité de décrire autrement cette peinture, de manière à créer dans l’esprit du lecteur un équivalent poétique à la création picturale.

Como Citar
Febvre Flory, M.-C. (2016). L’ekphrasis face au cubisme. ELyra: Revista Da Rede Internacional Lyracompoetics, (8). Obtido de http://www.elyra.org/index.php/elyra/article/view/154